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Deux disques en dix ans d'existence - le grand orchestre dirigé par le guitariste Olivier Benoit n'est pas du genre à occuper l'espace s'il n'a pas quelque chose à dire... Ce "Ravissement" est conçu dans son déroulement comme une illustration du chef d'oeuvre de Marguerite Duras Le Ravissement de Lol V. Stein. Ce qui frappe dès les premières mesures, c'est ce mélange d'énergie et de rigueur emblématique d'une certaine forme de modernité articulant jazz, musique improvisée, rock expérimental et domaine contemporain en poussant de manière toujours plus fine et créative l'hybridation entre les héritages conjoints de la free music européenne et du post-free américain. D'où cette musique complexe et ambitieuse, déployant ses mélodies labyrinthiques et anguleuses sur des structures mouvantes aux pulsations implacables qui empruntent au rock leur carrure et leur fougue (le redoublement des postes guitare-basse-batterie est à ce titre caractéristique). Rien de velouté ni de directement amical dans cette musique aux arêtes vives, empilant les strates sonores et enchâssant les structures en un maelström sonique souvent étourdissant de densité et de matière. Cette façon toujours renouvelée de travailler la dialectique soliste/ensemble fait constamment évoluer le discours collectif et de vraies dramaturgies fondées essentiellement sur la rupture de ton - l'orchestre passant de la satire à l'élégiaque, de brusques embardées énergétiques à d'intenses séquences abstraites centrées sur les timbres et leurs associations, sans jamais perdre de vue la forme globale. Bref une musique adulte et réfléchie, précieuse dans son souci de faire corps et de fabriquer du lien en multipliant les ponts entre les disciplines. • Stéphane Ollivier • Jazz Magazine Mars 2010 • On avait évoqué ici très récemment un album, pourtant de 2005, de Circum Grand Orchestra que j'avais découvert très tardivement, mais qui m'avais absolument enchanté. Je savais les lillois, membre de Grands Formats, sur le point de sortir un nouveau disque dont le thème tournait autour du "bal", après avoir tangenté la chanson avec la participation de Charlène Martin dans le précédent album. Le bal est ici tournoyant et prétexte à l'évocation de la passion. Une passion qui s'affirme dans l'opulence d'une perfection de Renaissance que nous montre la pochette... Dès les premières notes du Ravissement, une sorte de frénésie vous saisit, Un sentiment intime qui laisse penser que le titre s'impose de lui-même. Peu importe le contexte, l'allusion à un texte de Marguerite Duras sur la rupture, c'est le son lourd et pesant de la basse électrique magmaïenne qui ouvre l'album, ou encore la tension électrique de la guitare dans le second mouvement de "Fatal Error" qui vous entraine dans une fable lyrique et magnifique, dans un entrechoc des sentiments, où l'apaisement est "insoluble". Le dodecatet nordiste fait très fort avec cet album qui s'impose à la première écoute comme un disque réjouissant réunissant une équipe soudée, à la fois virtuose et diablement collective, au service d'une musique oscillant entre les parti-pris d'un jazz-rock acide et la construction impeccable d'une musique improvisée alliant sophistication et élégance dans un creuset privilégiant avant tout une efficacité collective. Il n'y a pas de "vedettes" ou d'invité prestigieux raflant toutes les écoutes dans Circum. En revanche, il y a une section rythmique époustouflante avec une basse (Christophe Hache, aperçu dans l'album de Grimonprez), une contrebasse et deux batteries plus un piano, où les deux frères Orins font des miracles de raffinement. Il y a des soufflants qui apportent à l'album une véritable profondeur, notamment le clarinettiste Christophe Rocher qui fait des merveilles à la clarinette basse, et deux saxophonistes (Pérez à l'Alto et Favreuille au ténor) remarquables. Il y a enfin un guitariste-compositeur, Olivier Benoit, aux soli zappaïens tranchant (ce qui est patent dans le second mouvement du "Ravissement") et à l'écriture enlevée et cérébrale qui fait beaucoup pour la cohésion de l'ensemble. Un ensemble baroque, on a envie d'écrire Bas-Rock, fait d'empilement et de nappes qui évoque tant Magma que Nino Rotta, ou les dissonances d'un bal de cocagne dans une Florence fantasmée. Un projet d'envergure en sept morceaux fait de plusieurs mouvements, comme plusieurs états ou plusieurs impressions. On pourrait reprendre en quelques mots les écrits de l'album précédent, mais "Le Ravissement" se fait plus lyrique. Plus ambivalent aussi, et c'est peut être ce qui nous approche le plus de Duras, dans ce double-sens du ravissement, entre enlèvement et ordonnancement esthétique, entre joie et tristesse, entre tension et lâcher-prise. Entre cuivre étincelant et dureté électrique... "Le Ravissement" est un grand disque. Et Circum un grand groupe. Indispensable. • Franpi • Sun Ship (http://franpi.canalblog.com) Janvier 2010 • Circum, association lilloise à la Malterie qui a créé son propre label, dispose d’une formation plus étoffée, un de ces grands formats, créé dans le contexte pourtant difficile du big band jazz . Le ravissement est donc le deuxième album sous le nom de Circum grand orchestra, après un premier qui avait déjà fait forte impression. Créé officiellement en mars 2000, l’ensemble qui défend et met en pratique une expression et esthétique communes, accueille toujours des invités de la scène jazz et improvisée, et réunit la même troupe, exemple d’une belle fidélité en la matière : Sébastien Beaumont (guitare), Julien Favreuille (sax ténor) , Jean Baptiste Perez (saxo alto), Christophe Hache (basse), Christophe Motury et Christian Pruvost (trompette), le batteur Jean Luc Landsweerdt, Nicolas Mahieux (contrebasse), tous trois membres de l’ ONJ Barthélémy. Plus présents que jamais, on retrouve les frères Orins, Peter, l’un des deux batteurs de ce disque et Stephan le pianiste de la formation, le guitariste compositeur de la plupart des titres Olivier Benoît ( à l’origine de la conduction hallucinante d’orchestre avec gestuelle consignée et improvisation collective de la troupe nordiste « La pieuvre » découvert pour notre part à LA MAROQUINERIE en 2004, lors d’un festival Grands formats XL ) . On continue à apprécier ce collectif engagé, à l’ancrage nordiste, aimant cet attachement à la terre natale et à la région lilloise, alors qu’il est si difficile de vivre au pays. L’album peut s’entendre d’une traite : une suite rythmée illustrant le court livre de Marguerite Duras, « Le ravissement de Lol V. Stein ». On entend alors en écho une sorte d’opéra-rock contemporain avec un big band fièvreux, très cuivré et musclé ( 5 souffleurs bien allumés, une section rythmique doublée et deux guitares très électrisées, divinement saturées). Le type de formation que l’on aime évidemment, avec un son ample, magnifique, généreux et personnel, des ruptures de rythme fréquentes, des accélérations précises et brutales, une urgence de la musique qui s’impose dans ce théâtre de mots baroques. Les douze instrumentistes sont tous formidables et ne se privent pas pour poser, à tour de rôle quelques beaux chorus : il faudrait tous les citer, et aussi pour leur jeu d’ensemble dévoilant de splendides unissons. Les amateurs de fines textures, et de recherches sonores, épris de jazz contemporain et de rock progressif seront vite conquis par l’enthousiasme, l’énergie, la libre circulation d’une écriture très construite qui laisse place à des improvisations de haut vol. Les arrangements soutenus et tirés au cordeau, la « mise en scène » impeccable concourent à une dynamique d’ensemble cohérente et lisible. Plongez vite dans un spectacle total, et allez donc découvrir rapidement cette machine à swinguer troisième millénaire… PS :Ajoutons que l’objet Circum dans l’esthétique du label, suit, cette fois, une veine baroque à l’image des photos de couverture (dues à Olivier Benoît), teinté de ce rose empourpré, idéal pour exprimer le ravissement ! • Sophie Chambon • Les Dernières Nouvelles du Jazz (http://www.lesdnj.com) Janvier 2010 • Deuxième disque de ce grand orchestre de l’étiquette/collectif Circum, avec, entre autres, Jean-Baptiste Pérez, Sébastien Beaumont, Peter Orins et Olivier Benoit. Ce dernier signe toutes les compositions sauf une, et j’avoue aimer BEAUCOUP son écriture (dans le projet Hué/Circum, particulièrement). De l’excellent jazz actuel, dans un moule “musique actuelle” très québécois - je pense à Je me souviens de Jean Derome, à NOMA de Tom Walsh. Belle section de cuivres, deux guitares, section rythmique double, des pièces intelligentes, vives, aux arrangements riches et beaux. Sans jeu de mots, je suis effectivement ravi. • François Couture • Journal d'écoute de Mr Délire (http://blog.monsieurdelire.com/) Janvier 2010 • Atmosphère bien différente ensuite avec l’arrivée sur scène des douze pacifiques gladiateurs de Circum organisés en Grand Orchestra [1]. Un collectif qui a le sens de l’accueil puisqu’on y retrouve Jean-Baptiste Perez au saxophone alto en lien avec le CJBN [2] et Christophe Rocher, fondateur de Penn Ar Jazz association très active en Finistère. Le répertoire du concert reprend largement le programme du disque tout neuf, Le Ravissement, un petit bijou d’écriture pour orchestre sérieusement dépoussiérée et pleine d’invention. Largement alimenté par le guitariste Olivier Benoît, le C.G.O. propose une musique pleine d’énergie, résolument contemporaine donc nourrie d’influences multiples organisées avec beaucoup d’intelligence et de profondeur. En optant pour une construction par strates, en refondant totalement l’organisation de l’orchestre (plus de structures en sections, comme dans les big-bands), cet ensemble propose une musique qui a du corps, du cœur et qui titille l’intellect. Au-delà de l’écoute du disque, le concert permet de voir l’orchestre à l’œuvre et de mieux percevoir et comprendre les structures et les modes de jeu qui l’animent. Une forte impression ! • Thierry Giard • Culture Jazz (http://culturejazz2.free.fr) Janvier 2010 • Le Circum Grand Orchestra allume ses dix bougies au lance-flammes avec une exquise finesse. Délicatement, il les souffle comme la caresse d’un tsunami. Voilà dix ans déjà que cette formation dessine des paysages originaux entre la spontanéité de l’improvisation et l’efficace énergie du rock, en alliant la rage des guitares acides et la rondeur des vents avec un sens mélodique singulier. • Thierry Giard • Culture Jazz (http://culturejazz2.free.fr) Janvier 2010 • Ils fêtent leur dixième anniversaire cette année en livrant un nouvel album, le second sur leur propre label éponyme ; du même nom en somme. Pour cette fois, la chanteuse Charlène Martin n'est pas venue enrober de sa voix les méandres acoustiques de la formation qui oeuvre seule, mais toujours en nombre. Les douzes musiciens du Circum Grand Orchestra renouent avec une écriture purement instrumentale mais ô combien savoureuse. On ne reviendra pas sur les quelques "pointures" à l'oeuvre dans l'orchestre sauf pour souligner la richesse des improvisations et la surprenante liberté de ton de chaque musicien. • Lille Metropole Info Mars 2010 • |
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